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Réflexions
de l'Afutt sur la mise en oeuvre du nouveau cadre réglementaire
relatif aux communications électroniques
L'AFUTT
est favorable aux principaux motifs qui inspirent l'évolution de
la régulation du secteur, mais fait le constat d'une apparente difficulté à les
traduire pleinement et surtout simplement dans les textes de loi,
actuellement en préparation. D'une manière générale, l'analyse des
dispositions prévues et peut-être, in fine, leur efficacité, est
rendue difficile par les constants renvois aux textes antérieurs,
par la cohabitation avec d'autres textes réglementaires poursuivant
les mêmes objectifs (singulièrement la LEN) et par les différents
régimes d'exceptions envisagés.
Plus
précisément, l'Afutt exprime les remarques suivantes sur les orientations
du législateur :
1.
Etablir une concurrence effective sur l'ensemble du marché des
communications électroniques
Les utilisateurs sont toujours désireux de bénéficier d'une offre diversifiée
dont les prix et la qualité sont déterminés par un jeu concurrentiel sain et
dynamique. Néanmoins l'Afutt rappelle que cette concurrence n'est véritablement
bénéfique aux utilisateurs que s'ils sont en mesure de comparer les offres
entre elles.
A cet égard le maintien des obligations faites aux opérateurs en matière d'information
sur leurs prix et services, et les dispositions spécifiques du code de la consommation
vont dans le bon sens.
La question du service universel doit être regardée sans préjugés avec pour
objectif de donner au plus grand nombre l'accessibilité aux services de base
mais aussi aux nouveaux services multimédias dont l'usage peut devenir rapidement
essentiel à l'insertion et au développement social de chacun.
2.
L'élaboration d'un cadre réglementaire harmonisé pour l'ensemble
des réseaux de communication électronique
Il est certain que la convergence non seulement technique mais surtout économique
des secteurs des télécommunications et de l'audiovisuel, ainsi que plus généralement
les énormes enjeux du marché du multimédia nécessitent de mettre en place des
dispositifs réglementaires adaptés, homogènes, et capables de protéger efficacement
les consommateurs. A cet égard, l'Afutt estime que le projet de transposition
reste en retrait des objectifs annoncés et n'accompagne pas suffisamment le
formidable développement des nouveaux services. En particulier, l'Afutt estime
qu'un rapprochement entre le CSA, l'ART et le CST est inéluctable si l'on veut
réguler efficacement les différents acteurs du marché qui, pour leur part,
ont déjà largement débordé de leurs métiers d'origines.
Face aux nouveaux modèles économiques et marketing qui émergent de l'extension
et de la refonte de la chaîne de valeur, il est urgent de mettre en place une
régulation qui dépasse les clivages antérieurs.
3.
La recherche d'une plus grande coordination européenne
L'absence d'harmonisation européenne sur certains dossiers (on pense évidemment
en premier lieu à la mise en oeuvre de la troisième génération de réseau mobile)
nuit au développement rapide des TIC dans chacun des pays de la communauté.
D'un autre côté il s'avère que l'analyse du jeu concurrentiel ou la prise en
charge du service universel peuvent et doivent, dans certain cas, être traités à l'échelle
d'un pays voir d'une région.
4.
Le rapprochement avec le droit de la concurrence
Il semble en première approche assez peu compatible de rechercher
tout à la fois le renforcement de la régulation sectorielle et le rapprochement
des principes de régulation avec ceux du droit de la concurrence.
Quoi qu'il en soit, l'Afutt est favorable à ce que le marché évolue vers une
régulation moins spécifique et plus corrective que contraignante. Dans un contexte économique
difficile et mouvant, il est nécessaire de mettre en place une réglementation
pragmatique qui stimule les énergies, facilite la mise en oeuvre de nouveaux
projets, et rende aisé l'expérimentation de nouveaux services.
Dans le même temps, il est impératif de s'assurer de la maîtrise d'un développement
sain et durable de ce marché. Or, en l'état du fonctionnement des procédures
ex-post, force est de constater que ni la rapidité de règlement des litiges
ni le montant des pénalités ne suffisent à dissuader certaines entreprises
du secteur à procéder à des pratiques commerciales déviantes. Il faut sans
doute s'attacher à développer le recours à des mesures conservatoires et à pénaliser
plus sévèrement les entreprises qui ne respectent pas les principes fondamentaux
de la loyauté commerciale et du respect des droits des consommateurs.
Enfin nous avons noté que l'une des difficultés de mise en oeuvre de cette
nouvelle réglementation réside dans la définition de marchés pertinents et
sur l'analyse du degré de compétitivité de ces marchés. En la matière, nous
pensons que la perception que peut en avoir l'utilisateur final est un indicateur
important, et qu'il faudra en tenir compte.
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Juillet 2003 - |