ALERTE
DE l’AFUTT SUR LE PROBLEME KIOSQUE MICRO
Communiqué de
presse
Le problème kiosques micro est apparu il y a environ une année
et devient très préoccupant. Beaucoup plus sournois que l’audiotel
ou le minitel, dont il reprend et amplifie les pratiques commerciales
déviantes, il conduit certains consommateurs à des montants très
importants de dépenses téléphoniques de plusieurs centaines d'euros.
Cette situation est d'autant plus alarmante
qu'avec l'ouverture totale à la concurrence et une plus grande
utilisation d'Internet, ces services à revenus partagés risquent
de se multiplier rapidement.
Fonctionnement des kiosques micro
:
Vous êtes sur un site Internet (ex imagine.fr) au tarif normal d'accès Internet
de votre fournisseur, où l'on vous invite à télécharger une image
ou un logiciel (souvent il est précisé "gratuit" en
gros). Autre situation de départ : vous installez un CD ROM offert
lors de l'achat d'un magazine informatique.
Vous entrez alors dans le monde du
Kiosque micro par l'intermédiare d'un numéro (ex 08 36 01 00 00),
facturé par France Télécoms (FT), qui n'est accessible que depuis
un site Internet et de manière automatique (aucun client n'a jamais
composé manuellement ce numéro). Il s'agit de "numéros génériques" donnant
accès à un grand nombre de services kiosque micro. Ces numéros,
toujours accompagné d'un autre nom ou numéro secret, inconnu du
client, permet d'accéder au service.
Le nom ou le code du site sur lequel vous êtes allé ne vous sera communiqué que
par FT sur demande expresse à votre agence après facturation.
Les tarifs de ces services varient
entre 0,34€ (2,21F), 0,84 € (5,53F ) et 1;39 € (9,14F) la minute.
A
noter :
- Grâce à la concertation entre FT et les Associations de consommateurs,
le palier tarifaire le plus élevé est aujourd'hui supprimé par
FT (mais rien n'empêchera les autres opérateurs d'avoir des tarifs élevés
y compris au-dessus de 1,39 €) et celui à 0,843€ (5,53F) n'est
plus commercialisé et sera supprimé au cours de l'été 2002.
FT a mis au point un logiciel AVA permettant d'éviter un certain nombre de
fraude et proposé à tous les fournisseurs de service. Liberté à ces
derniers de l'utiliser ou non.
Il semble que pour l'instant ce type de service ne soit pas accessible
depuis une ligne ADSL.
Fraudes
constatées :
Ce qui avait alerté l'AFUTT, dans les cas étudiés, était la permanence du ton
des réclamations :
Les clients ne niaient pas forcément être allés sur ce genre de site (rose
souvent) par un site Internet (ex : rousse.com) ou par erreur
d'aiguillage quelquefois (mots clé), mais tous réfutaient la
durée de communication. Différents mécanismes se cumulent pour
expliquer cette réaction :
1 -Tarifs pas toujours affichés ou assez peu lisibles.
Invitation au téléchargement (gratuit écrit en gros)
Après avoir cliquer sur l'icône qui apparaît, vous vous retrouvez (souvent à votre
insu dit le CTA-Comité de la Télématique Anonyme-)
sur un service kiosque micro. le tarif kiosque (prix à la
minute) se trouve affiché en bas de page, en petits caractères.
Dans certains cas, il n'y a pas d'affichage du tout.
2 - Vous quittez le service et souhaitez retourner sur votre fournisseur
d'accès
Parfois le fournisseur de services se transforme en fournisseur d'accès et
vous continuez votre consultation Internet au tarif kiosque (aujourd'hui
jusqu'à 0,84 € la minute).
Donc une affaire juteuse pour les fournisseurs de service et les opérateurs
(aujourd’hui FT) ; beaucoup moins pour le consommateur.
Nous nous sommes aperçus également
que toutes les facturations contestées par nos adhérents concernent
des sites ayant fait l'objet d'une saisine du CTA (Comité de la
Télématique Anonyme) - organisme officiel , sis 20, rue de Ségur – 75354 PARIS
07.
Voici un avis du CTA parmi d'autres : "En outre, le constat d'huissier
démontre que la connexion à Internet par le code 08 36 01 17
17 FACAUDIO (9,14F la minute) se poursuit à l'insu de l'utilisateur
même lorsqu'il quitte le site pour aller, par exemple, sur le
site Yahoo.fr.
Cette saisine est
faite par le service de surveillance de FT suite au non-respect
du contrat qui lie FT et le fournisseur du service.
En se fondant sur
l'avis du CTA, FT peut décider la résiliation de ces sites et appliquer
une clause pénale dont les sommes lui sont reversées.
Autres
problèmes :
La coupure, puis résiliation de la ligne : de plus en plus rapide même avant
que le client n'ait effectué toutes les démarches amiables de
réclamation dans la procédure FT et ce même si l'abonnement et
les communications non contestés ont été réglés.
Cette pratique est contraire à l'art D 98-2 du code des postes et télécommunications,
et la clause r du cahier des charges des opérateurs :
Conditions d'interruption
du service, après mise en demeure de l'usager, en cas de non-paiement
des factures : Sauf en cas de fraude, de retard ou de défaut
de paiement persistants, ces conditions prévoient, lorsque cela
est techniquement possible, que seul le service pour lequel des
factures sont restées impayées est interrompu.
Ceci est techniquement possible puisqu’un service restreint de ce type existe.
Par ailleurs, FT souhaiteraient que les clients engagent des procédures contre
les fournisseurs de service, ce qui semble impossible puisque
la seule relation contractuelle avec le client est assurée par
l’opérateur. Or, l’article 1165 du code civil indique : Les conventions
n'ont d'effet qu'entre les parties contractantes ; elles ne nuisent
point au tiers, et elles ne lui profitent que dans le cas prévu
par l'article 1121.
Paradoxe
:
FT poursuit ses
clients au tribunal (y compris en appel) lorsque ceux-ci ne paient
pas les communications contestées alors que, par ailleurs, d'autres
services FT font une saisine au CTA afin de démontrer que ces mêmes
fournisseurs de service ne respectent pas le contrat signé.
Notre
souhait :
· Que
le reversement par l'Opérateur des sommes dues au fournisseur
de service ne soit plus immédiat mais avec un certain décalage
permettant la vérification de la conformité :
1. Aux
engagements déontologiques pris
2. A
la conformité du contenu tel que défini dans le contrat
3. Au
respect des codes civil et de la consommation
Nous sommes persuadés que cette simple mesure aurait pour conséquence immédiate
de réduire considérablement le nombre des pratiques commerciales
délictueuses.
Par ailleurs il nous semblerait naturel que :
· la
surveillance de ces sites soit effectuée par un organisme indépendant
(concurrence oblige)
· les
sommes perçues au titre des clauses pénales servent, directement
ou indirectement, à financer ce service
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juillet 2002
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