DOSSIERS AFUTT

Réponse de l'AFUTT à la consultation de l'ARCEP
sur le prix des terminaisons d'appels SMS

 

En premier lieu l’AFUTT salue la décision de l’ARCEP d’inclure le marché de la terminaison d’appel dans le cadre de l’analyse des marchés susceptibles d’être régulés ex ante.

La précision et la richesse des informations contenues dans le document de consultation sont également très impressionnantes nous tenions à le souligner.

Cette initiative et la proposition faite par l’Autorité d’imposer un contrôle tarifaire de la TA SMS sous la forme d’une orientation vers les coûts sont les bienvenues et l’AFUTT entend y apporter son soutien.

Tout indique, en effet, que l’usage de ce service est devenu très important pour les utilisateurs grand public et entreprises et qu’il est souhaitable de leur faire bénéficier d’un marché sain et pleinement concurrentiel. Or, le niveau des prix pratiqués au regard des coûts supportés par les opérateurs pose question.

L’AFUTT espère que cette initiative portera rapidement ses fruits et ne sera pas contestée par le Conseil de la Concurrence et la Commission Européenne.

Toutefois, pour le consommateur final ce qui compte ce n’est pas la terminaison d’appel des SMS (le marché de gros) mais bien le prix de vente de ce service en offres postpayées et prépayées. A cet égard, l’AFUTT estime qu’il eu été plus direct de lancer une consultation sur le marché de détail, ce que la réglementation n’interdit pas, nous semble-t-il. L’AFUTT sera en tout cas vigilante à ce que la baise du marché de gros profite bien au consommateur.

S’agissant du niveau de prix vers lesquels il serait nécessaire de faire évoluer rapidement le marché, l’AFUTT retient des éléments d’appréciation fournit par l’ARCEP les deux meilleures pratiques évoquées : le prix de 0,7 euros pour la TA SMS la plus faible du marché européen des 25 et 0,45 cts d’Euros pour Israël.

En effet, l’AFUTT estime qu’il faut prendre comme référence les niveaux les plus bas dès lors que l’objectif est bien d’orienter le marché vers les coûts.

Car, d’une part l’étude sur la substituabilité des offres produite par l’ARCEP montre que le prix équivalent SMS d’un e-mail est jusqu’à 150 fois inférieur (même sans tenir compte de la dernière offre illimitée de Bouygues Télécom) et d’autre part, notre propre analyse présentée en annexe montre que l’équivalent SMS en tarification voix est également beaucoup plus bas (0,042cts).

Par conséquent, sauf à démontrer que les opérateurs perdent de l’argent aujourd’hui sur leur commerce du service vocal, ou que des charges additionnelles sont à considérer (lesquelles ?) pour l’acheminement et la vente des SMS, il faut en conclure que les marges à la baisse sont élevées et que l’on ne mettra pas en péril l’avenir du secteur en imposant une substantielle réduction du prix de la terminaison d’appel SMS.

Ce faisant l’AFUTT espère que la baisse sera également appliquée aux service MMS.

Annexe : comparaison du prix du service SMS et du service vocal

En téléphonie mobile basée sur la norme GSM, les informations transmises utilisent des canaux logiques qui sont soit des canaux de trafic pour écouler la voix et les données, soit des canaux de signalisation pour transporter les informations de service permettant aux terminaux de fonctionner sur le réseau. Ce sont aussi ces canaux de signalisation qui sont utilisés pour acheminer les SMS.

Pour les communications vocales l'unité de compte et de facturation de l'utilisation du réseau par un abonné est la durée, comme en téléphonie fixe. Les opérateurs facturent donc les communications à la seconde, dans le cadre de forfaits. Par exemple un forfait de deux heures de communications, soit 120 minutes, coûte approximativement 26 Euros (13 Euros par heure).

Comme les opérateurs ne prélèvent aucun frais d'abonnement supplémentaire, ce coût de 26 Euros pour 120 minutes d'utilisation du réseau couvre la totalité des frais d'investissement, de fonctionnement ainsi que la marge de l'opérateur.

En ce qui concerne les SMS, les opérateurs ont pris la décision de les facturer à l'unité. La perception qu'en a un abonné est plus facile.

Mais il est intéressant de chercher à déterminer combien devrait être facturé un SMS si le mode de facturation à la durée lui était appliqué comme pour la voix.

Un SMS est constitué d'une suite de caractères, au maximum 160, codés sur 7 bits. Le message tel qu'il est transmis sur la voie radio en utilisant un canal de la trame GSM, comme le fait la voix est donc de 1 120 bits.

Le débit en transmission de données autorisé par le GSM est assez lent et limité à 9 600 bits par seconde.

Donc la transmission d'un SMS occupe un canal radio pendant 1 120/9 600 = 0,1166 seconde.

Si l'on applique à cette durée de transmission, la valeur de l'unité de compte utilisée pour la voix soit 13 Euros pour 1 heure ou 0,36 cts d'Euro la seconde, un SMS devrait être facturé 0,36 x 0,1166 = 0,042 cts d'Euro en lieu et place des 12 cts d'Euro actuellement facturés en moyenne par les opérateurs.

On constate ainsi que la différence entre le prix actuellement facturé et le prix auquel devrait être facturé un SMS sur la base du tarif voix est très importante. L’AFUTT se demande quelles sont les prestations additionnelles qui, dans le service des SMS, justifient une telle surfacturation par rapport au service de la voix.

 

Novembre 2005